africanianews@gmail.com Tuesday - Oct 17, 2017

Tchad: Le despote Idriss Déby Itno au secours du tyran Pierre Nkurunziza


Après l’ère des coups d’états militaires en Afrique, celle des conférences nationales souveraines ratées, une autre ère s’est ouverte en Afrique : celles du tripatouillage de la constitution pour que les chefs d’états s’éternisent au pouvoir.  Idriss Déby Itno appartient à la fois à l’ère des coups d’états militaires et à celle de la génération des tripatouilleurs de la constitution.

Depuis peu, l’Afrique est ébahie par les propos du Président en exercice de l’Union africaine, Idriss Déby Itno par ses propos indignes sur la crise burundaise, une crise qu’il devait connaître au regard de ses fonctions mais l’on se rend compte malheureusement qu’il ne sait rien du problème auquel fait face le Burundi de nos jours. L’on se souviendra dans un premier temps qu’il avait envoyé au chevet du Burundi, en tant que président en exercice de l’UA, une délégation de chefs d’Etats représentant les 4 régions géographiques du continent.

Mais depuis, il semble avoir fait marche en arrière pour défendre son frère despote, Nkurunziza. “Ceux qui se ressemblent s’assemblent” dit-on. On ne peut pas comprendre sa position sans connaitre l’homme en question. Qui est donc Idriss Déby Itno ?

Hinda Mahamat abderahim Acyl, épouse Idriss Déby Itno en 13èmes noces (3èmes noces officielles). Elle a d’abord eu une liaison d’amour avec Brahim Déby, le fils du président mais elle a fini par épouser Idriss Déby Itno en 2005. Soulignons que Brahim Déby est mort à Parsi dans des conditions obscures. La famille de Déby parle d’empoisonnement orchestré par le dictateur et sa jeune femme. Notons qu’Idriss Déby avait forcé son fils d’aller vivre à Paris, une astuce de l’éloigner de Hinda afin de " s’en approprier et l’épouser".

Hinda Mahamat abderahim Acyl, épouse Idriss Déby Itno en 13èmes noces (3èmes noces officielles). Elle a d’abord eu une liaison d’amour avec Brahim Déby, le fils du président mais elle a fini par épouser Idriss Déby Itno en 2005. Soulignons que Brahim Déby est mort à Parsi dans des conditions obscures. La famille de Déby parle d’empoisonnement orchestré par le dictateur et sa jeune femme. Notons qu’Idriss Déby avait forcé son fils d’aller vivre à Paris, une astuce de l’éloigner de Hinda afin de ” s’en approprier et l’épouser”.

Idriss Déby Itno est né en 1952 dans le nord-est du Tchad, d’une famille de berger musulmans. Après son baccalauréat il fréquent des études à l’Ecole des officiers à N’Djamena et se rend en France d’où il décroche une licence de pilote professionnel avec la spécialisation en transport des troupes. D’ethnie Zaghawa de tradition guerrière et dans un pays où la guerre est chronique, ses études le propulsent dans le commandement supérieur de l’armée.

En 1979 Hissène Habré et son armée de nordistes commandée par Idriss Déby Itno, tentent de renverser le pouvoir du Général Félix Malloum sans réussir entièrement. Grâce à l’appui de Goukouni Oueddei, le pouvoir sudistes tombe et c’est Goukouni Oueddei qui s’empare du pouvoir. Les nordistes d’Hissène Habré commandées par Idriss Déby Itno le combattent.

En 1982, Idriss Déby Itno s’empare de N’Djamena et Goukouni Oueddei s’enfuit. Le fauteuil présidentiel est libre pour Hissène Habré. Pour le remercier, il le promeut au grade de colonel et l’envoie en France à l’Ecole de guerre interarmées en 1986. A son retour, il devient le conseiller présidentiel à la défense.

Déby aide le Président Habré à mettre sur pieds la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS) qu’il remplace par l’Agence nationale pour la sécurité (ANS), quand il le renverse. C’est l’équivalent du Service National de Renseignement burundais. Ce service de renseignement ne tarde pas à s’illustrer par des arrestations arbitraires, des tortures et des exécutions sommaires d’opposants et autres citoyens soupçonnés comme tels. (Voir aussi http://www.jeuneafrique.com/mag/245598/politique/proces-habre-et-si-deby-etait-rattrape-par-lhistoire-et-la-justice/ )

Comme au Burundi, les victimes furent souvent enterrées vivant, dans des fosses communes. Plusieurs milliers de Tchadiens y laissent la vie à cause de leurs opinions. Hissène Habré a été jugé pour ses meurtres. Mais Idriss Déby Itno, son homme de l’ombre occupe encore tranquillement les fonctions suprêmes de la République du Tchad en tant que commissaire aux armées et à la sécurité du parti-Etat et, surtout, commandant en chef des Forces Armées Nationales Tchadiennes. Il est véritablement le numéro deux du régime de d’Hissène Habré.

Septembre noir, un génocide perpétré contre les populations tchadiennes du sud par Idriss Déby contre le sud, mais payé par Hissène Habré.

Après avoir organisé des massacres génocidaires chez les Arabes du Batha, du Salamat, et les populations du Chari-Baguirmi, Idriss Déby se tourne vers le sud du Tchad où il veut opérer l’une des purifications ethniques et religieuses les plus féroces de l’histoire trouble du Tchad et faire main basse sur la Tchad cotonnier et agricole du sud.  Depuis longtemps, le sud chrétien et animiste résiste contre l’exploitation dont il est l’objet contre la classe politique musulmane du nord. Après de longues négociations, les rebelles CODOS, dirigé par Pierre Tokinon, décide de rallier le gouvernement à Sarh, à la suite d’un accord âprement négocié, six mois durant, avec la délégation menée par le ministre d’État Djidingar Dono Ngardoum. Mais Idriss Déby, Brahim Itno et les leurs ne voulaient pas la paix, qui compromettrait leurs perspectives d’avantages financiers et matériels. Ils ont donc systématiquement saboté les accords intervenus entre les rebelles et le gouvernement. Ses parents, ses frères et lui-même se sont partagé et continuent de se partager le Sud.

De gauche vers la droite à l’avant plan : Les généraux Oumar Bikimo (à et Mahamat Idriss Déby, frère d’Idriss Déby Itno. Photo © alwihdainfo.com

De gauche vers la droite à l’avant plan : Les généraux Oumar Bikimo et Mahamat Idriss Déby, frère d’Idriss Déby Itno.© alwihdainfo.com

C’est ainsi que les éléments de l’armée, dirigés par son demi-frère Mahamat Brahim Itno, ministre de l’Intérieur, provoquent les hommes de Tokinon, pourtant mis à la disposition du gouvernement pour être intégrés dans l’armée régulière. Vu l’atmosphère, Pierre Tokinon et ses hommes se retirent de la ville de Sarh et disparaissent en brousse pour éviter un affrontement aux conséquences incalculables. Aussitôt informé de ce retrait, et priftant de l’absence du Président Hissein Habré parti en pèlerinage à la Mecque, Idriss Déby va prend des bataillons de ses combattants et part vers le sud du pays, le Commandant en Chef de l’armée tchadienne, Idriss Déby se fait déposer à Sarh pour y déclencher le tristement célèbre “Septembre noir” :  Il procède à l’extermination des cadres administratifs et politiques de la région. Après, il s’attaque aux populations chrétiennes ou animistes de la même région. C’est le septembre Noir.

Les fantômes du sud le hantent à tel point qu’il est toujours complexé chaque fois qu’il se déplace au sud du pays. Amnesty International n’a pas manqué de relever que ce despote tchadien a personnellement ordonné des exécutions sommaires sous Hissène Habré.

Progressivement, les relations et Habré et Déby tournent au vinaigre. Le 1er avril 1989, il s’enfuit de N’Djamena avec un certain nombre de compagnons pour le maquis, dans une opposition qui se transformera en Mouvement patriotique du salut (MPS).

Il promet la liberté, mais organise des fraudes lors des élections et continue à offrir la mort.

Le 1er décembre 1990, Déby parvient à chasser Hissène Habré avec l’appui de la France. Le nouvel homme fort de N’Djamena déclare aux Tchadiens le 4 décembre 1990 : “Je ne vous ai apporté ni or, ni argent mais la liberté…”

Après avoir muselé l’opposition comme Nkurunziza, Déby remporte les élections présidentielles de 1996, 2001 et 2006. Mais toutes ses victoires sont contestées par l’opposition qui dénonce vainement des fraudes électorales.

Qui se ressemblent s’assemblent : Chez Déby et chez Nkurunziza, la guerre contre l'opposition et la société civile est permanente : les politico-militaires engendré par le maquis dominent tous les secteurs de la vie nationale sur fond de corruption, tant au Tchad qu’au Burundi

Qui se ressemblent s’assemblent : Chez Déby et chez Nkurunziza, la guerre contre l’opposition et la société civile est permanente : les politico-militaires engendré par le maquis dominent tous les secteurs de la vie nationale sur fond de corruption, tant au Tchad qu’au Burundi

En 1993, en pleine préparation de la Conférence nationale souveraine du Tchad, il fait face à de vives critiques au sujet d’exactions commises par sa Garde républicaine au Sud. En 1996, la rébellion des Forces armées pour la République fédérale (FARF) de Laokein Bardé tient la région de Doba au Sud. Elle menace même d’empêcher l’exploitation du pétrole tchadien. Déby utilise la carotte et le bâton —négociation et opposition armée— et finit par réduire la rébellion.

Le 26 mai 2004, le Parlement tchadien, entièrement dominé par son parti, le Mouvement patriotique du salut MPS, adopte une modification constitutionnelle qui supprime la limitation des mandats présidentiels, auparavant fixée à deux. Le projet de révision a été intégralement adopté, à main levée, par 123 voix pour, 0 contre et une abstention, les députés de l’opposition ayant refusé de voter en quittant l’hémicycle.

Depuis octobre 2003, le pétrole tchadien coule en direction du port de Kribi au Cameroun et Déby compte sur cette manne pour s’éternise, sans toutefois endiguer la pauvreté qui ronge le Tchad.  C’est la gestion familiale de l’Etat Tchadien.

Pour faire face aux mouvements rebelles qui se multiplient, il épure son armée, composée actuellement par les Zaghawa son ethnie. On voit immédiatement où Nkurunziza fait école. Mais les rébellions soutenues par le Soudan du président Omar El Béchir avec lequel il entretient des relations tumultueuses continuent de menacer son régime. Pour se réconcilier avec El Béchir, Déby épouse la soudanaise Amani Musa Hillal en quatrième noces officiellement (en réalité en 14ème noces) au grand dam de Hinda Mahamat abderahim Acyl, qu’il a chipée à son fils Brahim Déby Itno (c’est permis dans la tradition zaghawa), qui était connu à Ndjamena sous le sobriquet de “petit Président”. Ce dernier est mort à l’Ouest de Paris, le 2 juillet 2007, pendant que son père effectuait un déplacement au Ghana.

En 2008, c’est de peu que les rébellions rassemblées au sein de l’Union des forces de la résistance (UFR) manquent de le renverser aux portes du palais présidentiel à N’Djamena. Des opposants soupçonnés d’être de collusion avec les rebelles, comme Ngarlejy Yorongar, Lol Mahamat Choua et Ibni Oumar Mahamat Saleh, sont arrêtés et torturés, et ce dernier est mort sous l’ordre de Déby. Au plus fort des combats, la France lui propose de l’exfiltrer. Mais Idriss Déby Itno refuse. Il a la baraka et la guerre se termine finalement en sa faveur.

Une cruauté sans mesure derrière un sourire cordial

Qui se ressemblent s’assemblent : Chez Déby et chez Nkurunziza, la guerre contre l'opposition et la société civile est permanente : les politico-militaires engendré par le maquis dominent tous les secteurs de la vie nationale sur fond de corruption, tant au Tchad qu’au Burundi

Qui se ressemblent s’assemblent : Chez Déby et chez Nkurunziza, la guerre contre l’opposition et la société civile est permanente : les politico-militaires engendré par le maquis dominent tous les secteurs de la vie nationale sur fond de corruption, tant au Tchad qu’au Burundi

Déby et Nkurunziza ont des traits communs : Un sourire à l’apparence gentil, un air timide, mais une cruauté sans mesure et une avidité du pouvoir sans nom.

Le président tchadien a en effet laissé entendre à plus d’un qu’il n’est pas arrivé au pouvoir en empruntant un avion d’Air Afrique et qu’il résistera à toutes les rébellions armées. IDI est un guerrier au sens propre du mot. Son petit frère Nkurunziza se verse dans le satanisme et la cruauté pour régner à jamais. Peut-être que ce dernier n’y parviendra pas au regard de la détermination et l’engagement du peuple Burundais qui veut à tout prix restaurer la paix et la démocratie chèrement acquises grâce notamment à l’accord d’Arusha Pour la Paix et la réconciliation au Burundi. Chaque chose a son début et sa fin et la plupart des fois la fin est fatale surtout pour les chefs d’Etat autocratiques ;

Mais entre le Tchad et le Burundi, la différence est de taille : sur les 1,284 million km², les 12,83 millions de tchadiens n’ont pas encore réalisé qu’ils ont la force de chasser le dictateur Déby.  Par contre, les 10,16 millions de burundais, toutes ethnies confondues ont déjà décidé mains dans la main de prendre leur destin en barrant la route aux ambitions du premier criminel burundais connu internationalement à savoir Pierre Nkurunziza. Que Déby soutienne ce dernier, c’est peine perdue. La fin est fatale et tragique.

Même Déby a du fil à retordre:  Une nouvelle rébellion baptisée “Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad” (“FACT”), opposée au régime du président Idriss Déby Itno, est née au nord du pays, sous la direction du le général Mahamat Nouri.

Par ailleurs, on assiste à la naissance d’une dissidence Zaghawa du clan Deby dirigée par des officiers supérieurs tchadiens dans le but de renverser Déby. Au lieu. Pour ce dictateur, le tocsin a sonné.

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