africanianews@gmail.com Tuesday - Oct 17, 2017

Première partie du discours du Président du PPD-Girijambo, Léonidas Hatungimana, sur le bilan de la 1ère année du 3ème mandat illégal de Nkurunziza : politique, diplomatie, sécurité et justice


Burundaises, Burundais, chers compatriotes

Amis du Burundi,

  1. C’était en date du 20 Aout 2015 quand Pierre NKURUNZIZA a mis en exécution son plan diabolique de se maintenir illégalement et illégitimement au pouvoir comme il l’avait imposé au Congrès du CNDD-FDD en date du 25 Avril 2015
  2. Il a opté pour un forcing vers ce 3è mandat malgré les conseils incessants et musclés de plusieurs personnes physiques et morales nationales et internationales. Nous citons : le Secrétaire Général des Nations Unies, le Conseil de sécurité de cette organisation, la Présidente de la Commission de l’Union Africaine, l’Union Européenne, l’Organisation internationale de la Francophonie, les chefs d’Etat de la Communauté Est Africaine, certains chefs d’Etat comme le zimbabwéen Robert MUGABE, le Sud-africain Jacob ZUMA, le président américain Barack OBAMA. Il faut aussi ajouter la voix de Koffi Ata ANAN l’ex secrétaire Général des Nations Unies.A l’intérieur du pays aussi, des voix se sont levées pour donner ce genre de conseils ; citons particulièrement, les Evêques de l’Eglise Catholique, les chefs de plusieurs partis politiques d’opposition, certaines organisations de la société civile, les ex-chefs d’Etat et les frondeurs du CNDD-FDD.
  1. Tout ce monde avait un message identique : démontrer l’inquiétude qu’aller en violation des Accords d’ Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi et la Constitution qui en est issue, risquait de provoquer une crise sans précédent au Burundi, appelant ainsi à plus de prudence.
  2. Malheureusement NKURUNZIZA et sa clique ont fait la sourde oreille en bravant l’interdit et en organisant une mascarade électorale pour déboucher à tout prix à son retour au pouvoir
  3. Et, alors que tout le monde s’attendait à la date du 26 Aout 2015 comme fin du 2ème mandat légal du président Pierre NKURUNZIZA, ce dernier opéra un coup d’Etat contre lui-même, par lui-même et pour lui-même et sa clique en organisant un simulacre de prestation de serment à la magistrature suprême le 20 Aout 2015, soit une semaine avant la fin légale du mandat. Il a préféré faire cavalier seul car ; pendant les cérémonies d’investiture, aucun chef d’Etat en fonction n’est venu ni aucune haute personnalité d’un Etat ou organisation internationale, pas même un message officiel de félicitations; et même parmi les associations qui lui ont octroyé des prix, aucune n’a daigné lui glisser un message de soutien.Voilà donc, une année vient de s’écouler, le Burundi étant sous la présidence de facto de NKURUNZIZA. Quel bilan peut-on tirer ?

Burundaises, Burundais, chers compatriotes,

Amis du Burundi,

  1. Dans le domaine de la Diplomatie et les relations internationales, le pouvoir se sera caractérisé par son absence sur l’échiquier international tandis que des discours haineux et provocateurs ont fusé à l’endroit des partenaires tant bilatéraux que multilatéraux. En effet,
  • Depuis le jour où il a trahi le peuple burundais en forçant le 3ème mandat de Nkurunziza, il n’a jamais fait de voyage à l’extérieur du pays pour une visite officielle ou une participation dans des fora des autres chefs d’Etat.
  • Et là où une délégation gouvernementale ose aller, c’est rare qu’elle accomplisse la mission, préférant claquer la porte pour faire la chaise vide car n’ayant plus d’arguments pour convaincre. C’est ce qui s’est passé à Arusha en Tanzanie pour le 2ème round du dialogue inclusif, à Kigali lors du sommet des chefs d’Etat de l’Union Africaine et à Genève devant le Comité des Nations Unies contre la torture
  • En outre, non seulement le pouvoir a voulu faire des ennemis tous ses partenaires traditionnels comme le Rwanda, la Belgique, la France, l’Union Européenne, les USA, etc. mais non plus le Burundi n’est plus le pays hôte de visites de courtoisie. Toutes les délégations internationales qui s’y sont succédé, étaient seulement venues pour conseiller le pouvoir de facto de Bujumbura afin qu’il revienne à la raison
  • Aussi, durant toute cette année, le pouvoir se sera caractérisé par le refus de toute proposition internationale de solution à la crise que traverse le pays.C’est dans cette ambiance que les propositions d’envoi d’une force militaire de protection de la population, la MAPROBU, une force onusienne de 228 officiers de police, des experts militaires pour observation des droits de l’homme et même le dialogue inclusif sous l’égide de SE Benjamin MKAPA, ont été foulées au pied.
  • Signalons aussi que, depuis Mai 2015, aucune réunion du Groupe de coordination des partenaires ne s’est tenue.

Burundaises, Burundais, chers compatriotes,

Amis du Burundi,

  1. Dans le domaine de la sécurité et des droits humains, c’est la catastrophe. Depuis le forcing officiel de NKURUNZIZA vers le 3ème mandat, les choses vont de mal en pire. Au moins 754 tués selon l’APRODH, 800 portés disparus après arrestation par les agents de l’Etat selon la FIDH, plus de 651 personnes ont été torturées selon le Haut-Commissariat des Droits de l’Homme à l’ONU et au moins 4000 prisonniers politiques croupissent dans les geôles comme le rapportent toujours les organisations de défense des droits humains. Le HCR rapporte quant à lui plus de 300 mille burundais qui ont été contraints à l’exil pour y vivre dans des conditions déplorables. Le slogan du CNDD-FDD “ce n’est pas la région ou l’ethnie qui tue c’est plutôt le mauvais pouvoir qui tue” est donc en cours de démonstration. Cette situation est ainsi, alors que un des “prophètes” invités par NKURUNZIZA, dans son enseignement du 30 Décembre 2014 à l’hôtel “Les plateaux” de Ngozi, rassurait les hauts Cadres de l’Etat. Nous partageant la parole de Dieu dans Lévitiques chapitre 26, verset 6 (Lev 26: 6), ce prédicateur insista à nous dire : “il n’y aura plus de troubles au Burundi spécialement l’an 2015″. Que celui qui a des yeux, qu’il puisse voir.Nous saisissons d’ailleurs cette occasion pour adresser encore une fois nos condoléances les plus attristées aux familles éprouvées. C’est une situation de désolation totale pour le peuple burundais.
  • Parmi ceux qui ont pris le chemin de l’exil, citons ceux que le Président NKURUNZIZA considérait comme des modèles nationaux pour leurs dévouements et leurs bonnes œuvres. C’est par exemple Margueritte BARANKITSE de la maison SHALOM, surnommée Maggy par les burundais et décorée “Maman nationale” par NKURUNZIZA. C’est aussi le cas de Thérence NDIKUMASABO surnommé “MUCERI” qui a fait de grandes réalisations dans le développement de la Commune BISORO de la Province MWARO. Parlons aussi de Jean-Berchmans NIRAGIRA phare pour le développement de la Province CANKUZO et des musiciens de renom comme le surnommé KAKA BONNEY.
  • Mais, même ceux qui sont restés au pays ne sont pas sereins, ils vivent dans le traumatisme, en contradiction avec leur conscience. Tellement le droit d’expression est bafoué que chacun est obligé de parler dans le sens de l’éloge du pouvoir en place. Ceci se remarque dans la manière de s’exprimer contre le pouvoir par certains officiels de l’Etat quand ils sont à l’extérieur. Là, ils avouent agir contre eux suite aux mises en garde et aux menaces qu’ils subissent. C’est la terreur et la loi de la jungle où des groupes de certains IMBONERAKURE font la pluie et le beau temps réduisant tout le monde à des sortes de silhouettes. Cette situation vient d’être publiquement prouvée. En effet, lors des funérailles de feu Augustin NZOJIBWAMI, que Dieu ait son âme, celui qui a représenté le Parti SANGWE-PADER a donné le message lui laissé par le défunt qui disait: “pour que le pays sorte de la crise dans laquelle il est plongé, il faut un dialogue très inclusif, et si besoin il y’a, permettre une immunité provisoire pour les présumés putschistes”, un message contraire à celui que le monde avait l’habitude d’entendre de la bouche du défunt.
  • Cependant, même si nous comprenons la situation dans laquelle de telles personnes sont plongées, qu’elles sachent aussi que le silence complice est mauvais. Albert Einstein nous le dit dans ces termes: “le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire”.
  • Signalons que, le gouvernement de facto et le CNDD-FDD ont organisé un Traffic de filles et femmes burundaises vers certains pays arabes où elles sont presque comme des esclaves et n’échappent même pas à l’exploitation sexuelle. La situation concernerait plus de 2000 burundaises selon des organisations de défense des droits humains ; même si la Police Nationale du Burundi (PNB) ne reconnaitra que le nombre de 267 et cela après avoir été acculée aux accusations basées sur des preuves irréfutables.

Burundaises, Burundais, chers compatriotes,

Amis du Burundi,

  1. Tout cela est arrivé parce qu’il y a des lacunes au sein des corps de justice comme aussi dans les corps de défense et de sécurité. Pour ces derniers par exemple :
  • Les lois qui gèrent ces corps accusent encore des lacunes. En effet, ce sont des corps assimilés jusqu’ici aux forces seulement gouvernementales et non républicaines. Le projet de la « revue de la défense » qui était en cours sous l’appui du Gouvernement hollandais allait y trouver une solution en aboutissant au “livre blanc”. NKURUNZIZA ayant remarqué qu’il allait perdre le droit de les manipuler comme il veut, stoppa malignement le projet qui était dans sa phase finale. Et voilà comment certains militaires et policiers sont utilisés pour insécuriser la population donnant la honte à tous les corps en uniforme.
  • Les Accords d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi avaient tracé la voie à des corps de défense et de sécurité organisés de manière à rassurer toutes les composantes ethniques du pays. Malheureusement, aujourd’hui NKURUNZIZA est en train d’y purger les ex FAB majoritairement de l’ethnie Tutsie. Alors que la rébellion du CNDD-FDD combattait contre ce qu’elle appelait l’Armée mono ethnique tutsie, la tendance du despote NKURUNZIZA est de créer une armée mono ethnique hutue.

Les ex-FAB sont régulièrement humiliés et désarmés.

  • Au point de vue moral, deux tendances se remarquent. La 1ère est constituée des gens zélés avec peu ou pas de compétences professionnelles qui croient trouver le salaire et le salut en servant à tout prix NKURUNZIZA et sa clique même pour les violations des droits humains. Ce sont des morts vivants accusés quotidiennement par leur conscience car ils savent pertinemment qu’un jour les choses changeront et qu’ils n’auront plus de place honorable dans la société quand il y’aura de justice digne. Ils n’ont pas malheureusement le courage d’exprimer un regret public par peur de subir ce qu’ils font endurer aux autres. La 2ème tendance est constituée par ceux qui sont contre les agissements de leurs frères d’armes et qui n’osent pas lever le petit doigt de peur de devenir eux aussi les cibles privilégiées de ces derniers. Malheureusement pour eux, ce manque de réaction ne les épargne pas d’être parfois dans le viseur de ceux qui les taxent d’être de mèche avec ceux qu’ils appellent les ennemis du pays.
  • NKURUNZIZA a alors décidé de remercier ceux de la 1ère tendance en les incorporant à tout prix dans les contingents en mission de maintien de la paix à l’étranger pour y gagner mensuellement au moins 800 US$ alors que certains gagnent rarement un salaire mensuel supérieur à 50 US$. Mais aujourd’hui, l’assurance que ce théâtre des opérations puisse continuer à accueillir les burundais va diminuant. Par exemple, certains y sont exclus ou refusés dès que la communauté internationale les remarque. Aussi, il n’y a pas longtemps des policiers se préparaient pour aller remplacer leurs frères d’armes en République centrafricaine (RCA).
    Mais, informée sur l’existence de certains policiers criminels au sein du contingent en préparation, l’ONU a d’abord exigé une mission d’inspection. Au nom de ce que le tandem NKURUNZIZA-BUNYONI appelle souveraineté, cette inspection onusienne a été refusée. C’est ainsi que ce refus d’inspection a défavorisé tout le monde, impliqué ou pas dans les exactions présumées de participer à cette mission en République Centrafricaine.
    Par ailleurs, c’est probable qu’il soit refusé même à d’autres militaires burundais d’aller dans ces missions de maintien de la paix. En effet, à en croire au rapport du Secrétaire Général de Nations Unies, rendu publique le 19 Juin 2016, au moins 19 pays dont le Burundi ont été accusés de violence sexuelle accablante. La déclaration du Secrétariat Général des Nations Unies détermine qu’il sera désormais refusé à ces pays d’être parmi contributeurs des troupes pour ce genre de mission. Le Burundi a été reconnu pour avoir orchestré, depuis seulement Avril 2015, 323 cas de violence sexuelle perpétrée par des membres des corps de défense et de sécurité et la milice des IMBONERAKURE. Serait-ce cela la cause de la suspension du remplacement du contingent burundais en RCA qui était programmé en Juillet 2016, mais qui voit son mandat prolongé de 2 mois ? En tout cas, les militaires burundais qui étaient en formation préparatoire pour cette mission se sont vus recaser dans des positions militaires à l’intérieur du Burundi. Attendons voir !
  • Tout cela arrive alors qu’au niveau social, beaucoup regrettent que les familles de militaires et de policiers ne reçoivent plus suffisamment de soins de santé suite à la carence des médicaments dans les structures sanitaires du pays.

Burundaises, Burundais, chers compatriotes,

Amis du Burundi,

  1. Au niveau du corps de justice, la situation n’est pas rose et elle s’empire du jour au jour. Par exemple :
  • Actuellement certains magistrats (présidents de juridiction et procureurs) se plaignent d’être fréquemment convoqués pour s’expliquer à la Présidence de la République, au Service National de Renseignement jusqu’à la permanence nationale du CNDD-FDD même pour la composition d’un siège, et plus grave, du fait que désormais des “notes de délibéré” doivent leur validité à une préalable approbation de la clique des institutions citées ci-haut. La tentative de refus de cet état de chose conduit aux menaces de tout genre (même de mort) au magistrat ” rebelle”. La moindre punition à encourir étant la mutation loin de sa famille et de ses biens. C’est ce qui est arrivé dans le dossier dit  des putschistes du 13 Mai 2015, où à cause de l’acquittement du colonel DARADANGWA et du Général de Brigade Prime NGOWENUBUSA, de telles menaces ont pris de l’ampleur que certains magistrats de siège ont dû fuir le pays. Après le pourvoi, la sentence passe de l’acquittement à la prison à perpétuité. Quelle honte ?Il n’est pas non plus permis de conclure les dossiers d’enquête si ce n’est pas pour innocenter les membres fervents du pouvoir en place.
  • Avant le 3ème mandat de NKURUNZIZA, l’entrée dans ce corps débutait par le recrutement en bonne et due forme. Après la sélection par concours, les retenus suivaient d’abord une formation. Ce programme était appuyé par la Coopération Technique Belge (CTB). Aujourd’hui, s’il y a une place à pourvoir, c’est l’affaire du ministre ; les procédures de recrutement ne sont plus d’actualité. La même chose pour des promotions internes, quand les magistrats des tribunaux de résidence en fonction et qui avaient fait des études universitaires, ils passaient un test de sélection pour être recrutés aux instances supérieures selon les places disponibles. Aujourd’hui, tu sauras seulement que tel individu ou tel autre a été promu sans savoir sur quel critère.
  1. Que se trame-t-il au sein du CNDD-FDD ? là aussi 2 tendances se font observer. D’un côté la plupart des dirigeants du Parti et une partie des zélés de la ligue des jeunes IMBONERAKURE qui commettent toute sorte de violations massives des droits humains sous la commande ou l’œil complice du Président du Conseil des Sages Pierre NKURUNZIZA. La main de NKURUNZIZA n’est plus à démontrer, il suffit d’écouter son message à la nation ce 19 Aout 2016 où il n’exprime aucune parole de compassion aux familles ayant perdu les leurs. Et ses sbires comme Jean de Dieu MUTABAZI n’ont même pas honte quand ils ne respectent pas la douleur des familles de personnes disparues vociférant par exemple que le Journaliste Jean BIGIRIMANA n’aurait pas été disparu ou mort mais qu’il se trouverait quelque part en exil pour rejoindre une de ses parentés. Ou tout simplement en narguant et se moquant sans vergogne comme si les cadavres des personnes enlevées ici et là et qu’on les retrouve dans les rues ou les cours d’eau seraient plutôt des corps déterrés des cimetières.Ce genre de discours vient d’atteindre son paroxysme quand dans le communiqué n°016 du 16 Aout 2016, la direction du CNDD-FDD vient de franchir la ligne rouge en niant le génocide rwandais de 1994 ; non seulement cette évidence mais aussi et surtout les faits, arguant un pur montage sur le cas des personnes assassinées dans ce pays. C’est du jamais vu car même les présumés génocidaires n’ont jamais nié cette évidence. Un chrétien disait: “même ceux qui ne croient pas en la divinité de Jésus Christ ne disent jamais feu Jésus”. Qu’ils soient conséquents.De l’autre côté, il y a des BAGUMYABANGA encore intègres et démocrates qui assistent impuissants aux exactions de leurs confrères du Parti. Ils sont toujours malmenés par des cotisations intempestives et sans leur accord. Un exemple illustratif:Depuis le mois d’Avril 2016, les fonctionnaires de l’Assemblée Nationale membres de l’association “TURUMWE” du CNDD-FDD ont vu leurs salaires diminués des sommes importantes pour cotisation obligatoire au Parti CNDD-FDD. Une somme de 70 000 F pour un Conseiller au Cabinet, 30 000 F pour un chef de service, 20 000 F pour un Conseiller à l’administration, 15 000 F pour un simple fonctionnaire et 5 000 F pour un planton. Une tentative de réclamation n’est pas du bon gout, au risque d’être étiqueté de MUJERI ou SINDUMUJA et on te le paie cher ! Vous comprenez donc que dans “le Parti de l’aigle”, il n’y a plus de démocratie. C’est la dictature qui y règne et qui vient d’atteindre son comble par un passage officiel au stade de la militarisation et “milicialisation”: un départ annoncé vers son déclin.

Pour écouter le discours en français, veuillez cliquer ici

La suite du discours dans quelques jours

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