africanianews@gmail.com Tuesday - Oct 17, 2017

Partie 5: Le congrès du CNDD-FDD valide la candidature illégale de Nkurunziza. Entretemps la purge bat son plein


L’année 2015, une année de purge. Alors que dans le sigle CNDD-FDD, 4 sur 7 lettres parlent de la défense de la démocratie sans oublier que l’hymne du parti prêche aussi cette valeur, chacun sera étonné de la virulence que le pouvoir de ce parti a manifestée contre quiconque avait osé montrer  une opinion divergente. Récapitulons (A part les propos de Nkurunziza, les autres révélations sont de Léonidas HATUNGIMNA):

  1. A peine NIMBESHA Richard se déclare en janvier être hostile au 3ème mandat que le 28 de ce même mois il est illégalement radié du Parti. Il n’attendra pas longtemps pour être destitué de sa fonction de membre de la Commission Nationale Terre et autres Biens (CNTB); la décision lui a été communiquée le 14 Février 2015.
  1. Le lundi 17 mars 2015, le Général Major Godefroid NIYOMBARE adresse une note confidentielle de service au Président de la République le conseillant de ne pas foncer vers la 3ème Deux jours après, donc mercredi 19 mars, il est destitué de ses fonctions d’administrateur général du Service national de Renseignement (SNR). La destitution n’a pas épargné certains de ses proches collaborateurs.
  1. Onésime NDUWIMANA fait la sortie médiatique le 13 mars contre le 3ème mandat,  mais malgré le fait que c’était convenu avec le Président du parti, le Président du Conseil de Sages dans la réunion de ce dernier le 14 Mars 2015 décide de le radier de cette fonction.
  1. Le 21 Mars 2015, l’information sur la fronde au sein du CNDD-FDD tombe à l’oreille de NKURUNZIZA et les mesures de représailles sont prises en cascade l’une après l’autre. Pas plus tard que le 25 Mars, une décision illégale de radiation d’une dizaine de frondeurs est prise et suivie de déclarations d’une violence inouïe. L’on se souvient du discours de NDABIRABE Gélase alias NDASUBIRAMWO qui regrettait ne pas être à même de tuer ces frondeurs qui viennent de “commettre l’irréparable, passible de la peine capitale.”
  1. Très vite, le 28 mars, HATUNGIMANA Léonidas, porte-parole du Président de la République, NDABASHINZE Jean Marie, Conseiller à la Présidence et SIRYUYUMUNSI Thaddée, Directeur Général de la Radiotélévision Nationale du Burundi (RTNB) sont démis de leurs fonctions.
  1. La purge continue dans les autres départements ministériels et institutions para- étatiques: Onésime Nduwimana, alors administrateur directeur général de la SOCABU, Papier Ruhotora, alors secrétaire du Conseil National de la
    Ancienne Présidente de la Ligue des Femmes du CNDD-FDD, Honorable Geneviève Kanyange a préféré l’exil plutôt que de cautionner le 3ème mandat de tous les malheurs.

    Ancienne Présidente de la Ligue des Femmes du CNDD-FDD, Honorable Geneviève Kanyange a préféré l’exil plutôt que de cautionner le 3ème mandat de tous les malheurs.

    Communication, Pasteur Bisekere alors Conseiller à la Présidence de la République, Jean-Berchmans NIRAGIRA alors Secrétaire Permanent au ministère de l’énergie et des mines, Pamphile MUDEREGA de la commission nationale de la coordination des aides, Genéviève KANYANGE de la direction commerciale de la SOCABU, … se voient mis à la porte.

  1. Des tentatives de limoger le Président de l’Assemblée Nationale Pie NTAVYOHANYUMA: l’honorable Aimé NKURUNZIZA révèle ceci:

    “Au cours du mois d’Avril de la session de février 2014, à la suite de ce qui venait de se passer au Conseil des Sages, organe suprême du parti, des députés ont été approchés pour réclamer le limogeage du président de l’Assemblée Nationale. Tellement la rumeur prenait de l’ampleur que j’ai dû demander à Bénigne Rurahinda, épouse du tout puissant général Adolphe Nshimirimana si ce qui se disait dans les médias et dans le parti était fondé ou pas. Elle m’a répondu qu’elle était pour le limogeage du président d’autant qu’il était selon elle dans le même camp que ceux qui étaient en train de fomenter un coup d’État contre NKURUNZIZA en complicité toujours selon elle avec BUYOYA et les ex FAB. Nous sortions de la messe du

    Pour avoir signé la pétition contre le 3ème mandat, Pamphile Muderega, Secrétaire permanent du Comité national de coordination des aides a dû sa vie sauve en vivant à la cachette et à en fuyant le Burundi.

    Pour avoir signé la pétition contre le 3ème mandat, Pamphile Muderega, Secrétaire permanent du Comité national de coordination des aides a dû sa vie sauve en vivant à la cachette et à en fuyant le Burundi.

    Dimanche soir à la cathédrale Régina Mundi. Je ne me suis pas retenu: j’ai vite demandé à Pie NTAVYOHANYUMA s’il pouvait me recevoir d’urgence chez lui à Kiriri. Après avoir échangé sur la situation qui prévalait, nous avons arrêté ensemble quelques stratégies pour que le vote pour son limogeage soit avorté. Nous sommes convenus qu’il allait approcher les députés de l’Uprona et ceux du Frodebu-Nyakuri pour s’assurer de leur appui. Pour ma part, je devais faire le tour de tous les députés Tutsi du CNDD-FDD  pour leur faire comprendre qu’ils ne devaient pas aller dans le sens du parti. Beaucoup parmi eux avaient comme d’habitude peur d’aller à l’encontre du parti mais je leur ai demandé d’éteindre tout au moins leurs téléphones  pour rester injoignables pendant les quelques jours de tractations au sein des groupes parlementaires. Avec les députés frondeurs et ceux du camp Nditije, il n’était plus possible d’avoir le quorum requis pour le limogeage du sage NTAVYOHANYUMA. Quand le président du groupe parlementaire Félicien NDUWUBURUNDI a tenté de m’intimider après qu’il ait appris que j’avais été actif pour faire échouer la volonté du président du Conseil des Sages, m’a réponse était directe: «Trop c’est trop, je n’entends pas cautionner le

    Lors du congrès qui scelle la descente du Burundi aux enfers, la sagesse fut ignorée. Ainsi, l’Honorable Pie Ntavyohanyuma (à gauche) et l’Honorable Gervais Rufyikiri) furent marginalisés pour avoir appelé Nkurunziza à revenir à la raison et à renoncer au troisième mandat.

    Lors du congrès qui scelle la descente du Burundi aux enfers, la sagesse fut ignorée. Ainsi, l’Honorable Pie Ntavyohanyuma (à gauche) et l’Honorable Gervais Rufyikiri) furent marginalisés pour avoir appelé Nkurunziza à revenir à la raison et à renoncer au troisième mandat.

    limogeage de mon président pour des raisons qui n’ont rien avoir avec le fonctionnement de notre institution! Je suis prêt à assumer ma position devant qui que ce soit». Apparemment, il n’en revenait pas et c’est là tout le problème du CNDD-FDD, ils pensaient que tout le monde devait suivre comme des moutons, n’importe quelle décision des dirigeants du parti.”

  1. Le 24 avril 2015, un décret de remplacement (destitution) de 12 Cadres de la 2ème Vice-Présidence de la République est signé par le Président de la République et est envoyé au 2ème Vice-Président de la République Gervais RUFYIKIRI pour contre signature, à qui il est demandé de faire vite car NKURUNZIZA y tenait beaucoup selon son cabinet. Rappelons que le lendemain, donc le 25 avril, était prévu le fameux congrès pour entériner sa candidature et donc ne voulait pas y voir des frondeurs. RUFYIKIRI Gervais résiste et demande plutôt audience auprès du Président. Le 28 Avril 2015, il est reçu et NKURUNZIZA lui dit: «s’il y’a un incapable sur cette liste, on peut toujours le remplacer». RUFYIKIRI Gervais résiste et lui signifie clairement qu’il n’a pas intention de contresigner. Enervé,  NKURUNZIZA lui dit: «si tu tournes le dos au Parti, le Parti te tournera aussi le dos» et RUFYIKIRI de dire: «je suis prêt à assumer les conséquences de ma position». Ces cadres attendront l’arrivée de
    Honorable Aimé Nkurunziza, ancien Président de la Commission politique à l’Assemblée nationale, contraint à l’exil car il avait fustigé le 3ème mandat avec ses conséquences que nous connaissons

    Honorable Aimé Nkurunziza, ancien Président de la Commission politique à l’Assemblée nationale, contraint à l’exil car il avait fustigé le 3ème mandat avec ses conséquences que nous connaissons

    Joseph BUTORE pour être mis dehors. Il s’agissait notamment de Séverin Buzingo, Melchior Simbaruhije, Jean-Chrysostome Toyi,  désiré Ndikuryayo, Fidéla Sindihebura, delphine Nimbesha, Claudine Nizigiyimana, Frédiane Coyitungiye, Dismas Nduwayo, Liévin Bigirindavyi, Egide Tunguhore et Clotilde Bansubijeko.

  1. Il faut alors destituer le 2ème Vice-Président. Le Président de la République demande aux généraux NSHIMIRIMANA Adolphe et BUNYONI A. Guillaume de chercher un remplaçant. Mais dans cette recherche, ils sont bloqués par la procédure de cette opération qui demande un vote au Parlement qu’ils affirment ne plus contrôler. Jusqu’à sa fuite, Gervais RUFYIKIRI n’aura plus d’entretiens avec le Président de la République et participera au Conseil des ministres comme presque simple ministre. Il rendra publique sa position anti 3ème mandat le 24 Juin 2015 après avoir fui vers la Belgique.
  1. Des interrogatoires intenses sur le personnel frondeur de l’Assemblée Nationale sont menées par Lazare MVUYEKURE, Président de la fameuse commission de discipline du Parti, à travers la méthode d’inversion de rôles victimes-bourreaux dans le but notamment d’avoir des indices pour incriminer le président de l’Assemblée
    Victor Burikukiye, l’un des durs du CNDD-FDD, chargé de traquer les personnes opposées au 3ème mandat

    Victor Burikukiye, l’un des durs du CNDD-FDD, chargé de traquer les personnes opposées au 3ème mandat

    Nationale. Mais tous les cadres ont tenu bon et aucun n’a cherché à l’incriminer en quoi que ce soit. L’honorable Pie NTAVYOHANYUMA, Président de l’Assemblée Nationale est convoqué à son tour à la Présidence de la République. Il se retrouve à la barre avec en face comme magistrats assis et debout le Général Stève, Chef du SNR, Victor BURIKUKIYE, vice-président du CNDD-FDD et Anatole MANIRAKIZA, chef de Cabinet civil du Président de la République. Quel comité d’accueil pour la personnalité numéro 2 du pays! Le message qu’on voulait lui donner était clair : «l’ordre du Président de la République de renvoyer immédiatement tout le personnel frondeur de l’Assemblée Nationale devait être exécuté». Nous nous passons des messages de menaces et de dénigrement qui lui ont été proférés ce jour par ce chef du SNR. Pie NTAVYOHANYUMA, n’étant plus à même de protéger son personnel et conscient que même s’il ne les renvoyait pas, le futur locataire de l’hémicycle de KIGOBE n’allait pas les ménager, il prit alors la décision de s’exécuter en date du 17 Avril 2015, en rétrogradant et en recasant le personnel cadre ayant un contrat dans l’administration comme Dénis Hakizimana, Carine Mazameza, Théogène Nkunzimana et Sylvie Itangishaka. Il fallait alors renvoyer le personnel sans contrat. Un salaire de 3mois leur fut octroyé conformément au règlement de l’Assemblée Nationale, ce qui n’a pas été fait pour ceux qui ont été renvoyés

    Maître Silvère Nimpagaritse, ancien Vice-Président de la Cour Constitutionnel a dû fuir les menaces des officiers généraux issus du CNDD-FDD car il n’a pas cautionné la violation de la Constitution

    Maître Silvère Nimpagaritse, ancien Vice-Président de la Cour Constitutionnel a dû fuir les menaces des officiers généraux issus du CNDD-FDD car il n’a pas cautionné la violation de la Constitution

    à la Présidence de la République bien que jouissant du même statut. Nous avions par ailleurs appris que Pascal Nyabenda avait juré de démanteler l’Assemblée Nationale. Cela lui donnait l’occasion de créer de l’emploi pour les soutiens du troisième mandat. Ce fut un désastre, une désolation… Au moins 17 fonctionnaires de l’Assemblée Nationale ont été touchés, il s’agit de: Juvénal BARANDAGIYE, Pascal HABARUGIRA, Egide KWIZERA, Didace MANIRAKIZA, Tharcisse MANIRAKIZA, Gloriose NKIMA, NKUNZIMANA Déo, Pascal NTIRAMPEBA, SIMBAKWIRA Jean Berchmas, André NDORERAHA, Edouard NTAMATUNGIRO, Jimmy MWIDOGO, Elidad KABURA, Alfred ININAHAZWE, NKURUNZIZA Angélique, Concessa NZEYIMANA et François CIZA. Dépité par les errances du parti CNDD-FDD et du Parti Nkurunziza, l’honorable Pie NTAVYOHANYUMA rendra publique sa position anti 3ème mandat le 28 juin 2015 après avoir regagné son refuge en Belgique.

  1. Entretemps, la présidence du parti CNDD-FDD, malgré la résistance de la loi en la matière c’est la course contre montre en voulant destituer les parlementaires frondeurs : Moïse Bucumi, Pasteur Bucumi, Oscar Ndayiziga (Dieu ait son âme), Antoinette Nijebariko, Edouard Surwumwe, Gabriel Ndoricimpa, Espérance Citegetse, Yolande Sorongo, Festus Ntanyungu (qui choisisra de retourner dans les camps des pro-mandat) et Léonidas Hatungimana qui devrait reprendre son siège à l’Assemblée nationale après la fin de sa fonction à la Présidence de la République.
  1. L’administration provinciale n’a pas été épargnée. Les frondeurs y sont menacés et destitués. Les gouverneurs de KARUSI, BUBANZA et MURAMVYA respectivement Richard NZOKIZWANIMANA, Anselme NYANDWI et Daphrose NTWENGAMBABAYE sont destitués le 03 Avril 2015. En date du 13 Avril 2015, le gouverneur de la province de CANKUZO suspend les administrateurs communaux frondeurs: Stany NDOMVYI (CENDAJURU), Gandiose NIYONSABA (Gisagara), Basille NDEREYIMANA (MISHIHA) et Jean Pierre MUHAMIRIZO (KIGAMBA). Le même sort sera subi par les administrateurs communaux frondeurs de la Province KARUSI, en date du 20 Avril 2015. Il s’agit de MICANCABURO Brice Landry (NYABIKERE), Jérôme NICAYENZI (BUGENYUZI) et Saidi FATUMA (SHOMBO).
  1. A la Commission Nationale Terre et autres Biens (CNTB), la purge y est constatée. Le 18 Avril 2015, environ une dizaine de cadres frondeurs sont mis à la porte de cette institution pour avoir commis une grande et lourde faute,
    Monseigneur Sérapion Bambonanire, chassé à la tête de la CNTB pour son opposition au troisième mandat

    Monseigneur Sérapion Bambonanire, chassé à la tête de la CNTB pour son opposition au troisième mandat

    celle d’avoir conseillé Pierre NKURUNZIZA à ne pas briguer le mandat contesté. Il s’agit de: Léopold RUDAYA, Ferdinand NTAHONDUHUKIYE, Onesphore MANIRAKIZA, Gabriel NITEREKA, Sylvain NZIGAMIYE, Pierre Claver SINZINKAYO et Alphonsine NDUWAYO. Le patron de cette institution Monseigneur Sérapion BAMBONANIRE ne sera pas épargné.

  1. Le mouvement ne s’arrêtera pas dans l’administration publique puisque même à l’East African Legislative Assembly (EALA), en date du 25 novembre 2015, le Président de l’EALA KIDEGA Dan refuse la demande de Bujumbura d’évincer 4 sur 9 députés burundais dont le frondeur Jérémie NGENDAKUMANA qui avait rendu publique sa position anti 3ème mandat le 01 avril 2015.
  2. La purge ne s’arrête pas pour autant, le pouvoir continue (les fouilles perquisitions) dans les institutions surtout au niveau provincial et communal pour traquer les frondeurs et les supposés frondeurs.

La Rédaction de Girijambo.info

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