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Partie 3: Comment les officiers généraux ex-FDD et le SNR sont entrés dans la danse du 3ème mandat? Les cartes sous tables


La Rédaction de Girijambo.info, 25|08|2016. Les officiers généraux ex-FDD (Forces pour la Défense de la Démocratie)  dans la danse sur la question du 3ème mandat de NKURUNZIZA. La rédaction Girijambo.com a approché le Commissaire de Police Chef–CPC- (équivalent de Lieutenant-Général) Guillaume NABINDIKA. Pour rappel, ce dernier fut tour à tour Secrétaire particulier de NKURUNZIZA Pierre, chef de cabinet aux affaires de police à la Présidence, puis Directeur Général de l’INSS (Institut National de Sécurité Sociale). Il est actuellement en exil pour avoir refusé de cautionner le 3ème mandat et ses conséquences, ce qui lui a valu aussi des menaces de mort. Voici en résumé ce qu’il nous a révélé:

Le Lieutenant Général Guillaume Nabindika, un homme réputé pour sa droiture et sa bravoure. L’un des rares officiers burundais qui sont guidés par des principes d’intégrité.

Le Lieutenant Général Guillaume Nabindika, un homme réputé pour sa droiture et sa bravoure. L’un des rares officiers burundais qui sont guidés par des principes d’intégrité.

“En 2009,  beaucoup de rapports dénoncent les crimes de droit commun et les crimes économiques et indexent essentiellement NSHIMIRIMANA Adolphe, BUNYONI A. Guillaume et NDIRAKOBUCA Gervais comme parmi les grands auteurs. Le Président Pierre NKURUNZIZA qui avait longtemps fermé son oreille, décide d’agir secrètement et prépare un décret pour limoger Adolphe de l’Administration générale du SNR. Après une prière diurne d’un lundi de la semaine, Nkurunziza dévoile à son conseiller spirituel Alexis s BAREKEBAVUGE du plan de limogeage de cet homme le plus fort du pouvoir. Celui-ci trouve une occasion à ne pas rater de se réconcilier avec Adolphe qui jusque-là le haïssait pour son interventionnisme dans les marchés publics. Il lui dévoile ce secret lui confié par Nkurunziza. Ce dernier, se sentant trahi sort les griffes et jure que quelqu’un devait mourir comme l’humoriste Kankan Jean Miché aimait dire «un cadavre doit mourir». L’honorable RUKARA Mohammed, témoin de ces chantages et menaces quand il était en compagnie de NSHIMIRIMANA en voyage au Soudan est effrayé et avertit le Président NKURUNZIZA. Ce dernier retira son projet de destitution de NSHIMIRIMANA Adolphe. En 2010, il tente encore mais cette fois-ci malignement. Il veut nommer au poste de Procureur Général de la République, le magistrat Gaudence NDAYIZEYE, réputé intraitable dans les affaires de justice et qui n’a pas peur de prendre des décisions courageuses. Le plan consistait de mettre tout de suite la main sur Adolphe NSHIMIRIMANA et BUNYONI A. Guillaume pour les coffrer. Ancille NTAKABURIMVO alors ministre de la Justice, enthousiaste dans cette coopération secrète avec le Président de la République entre dans la danse.

Renseignés sur le dossier, les généraux NSHIMIRIMANA Adolphe, BUNYONI A. Guillaume, NDIRAKOBUCA Gervais descendent chez les autres officiers pour les sensibiliser contre cette nomination qu’ils présentaient comme un plan de la ministre tutsi Ancille NTAKABURIMVO de mettre sous les verrous tout officier général issu des Forces de Défense de la Démocratie (FDD) et que le Président de la République n’était pas au courant de ce plan. Révérien NDIKURIYO a été envoyé spécialement pour sensibiliser tous les sénateurs issus du CNDD-FDD à voter contre cette proposition de nomination envoyée par le Président au Sénat.

Le trio au cœur du satanique 3ème mandat, la violation de la Constitution et des Accords d’Arusha : A gauche feu le Lieutenant Général Adolphe Nshimirimana, au centre Pierre Nkurunziza et à droite le Général Alain-Guillaume Bunyoni

Le trio au cœur du satanique 3ème mandat, la violation de la Constitution et des Accords d’Arusha : A gauche Feu le Lieutenant Général Adolphe Nshimirimana, au centre Pierre Nkurunziza et à droite le Général Alain-Guillaume Bunyoni

Les généraux Adolphe NSHIMIRIMANA et A. Guillaume BUNYONI demandent audience au Président de la République qui les reçoit à NGOZI après plusieurs hésitations. Ils lui montrent qu’il s’engage sur un terrain très glissant. Pierre NKURUNZIZA feint qu’il n’était pas au courant du plan dit «macabre» de la ministre de la justice et promet de rectifier le tir. La situation reste cependant tendue. Un dimanche d’Octobre 2011, le Président convie tous les généraux à la prière à son palais de Bujumbura. Les 2 ténors appellent tous les ex-DD à boycotter l’invitation avec succès. Alexis BAREKEBAVUGE qui côtoyait et qui avait renouvelé sa confiance auprès du général Adolphe NSHIMIRIMANA a senti la gravité de la situation et va conseiller le Président de les recevoir quelques jours après dans son palais de Gitega. De 20h à 02h du matin dure la rencontre entre les généraux NSHIMIRIMANA, BUNYONI et le Président de la République. Décision prise: Le Président de la République ne devra plus cacher à ces 2 généraux les projets de grandes décisions et pour cela il faudrait qu’il nomme le général BUNYONI au cabinet civil pour suivre de près toutes les décisions à prendre. C’est comme cela que ce général de la police est entré par la grande porte à Présidence comme Chef de cabinet civil du Président. Arrivé à ce poste, son rôle ne se limitera plus à suivre mais prendre tout en main. Désormais même la direction du CNDD-FDD ne parvient plus à atteindre le Président de la République. A chaque sollicitation, elle est directement renvoyée chez les deux généraux. La direction du Parti désemparée commence à chercher le soutien des autres généraux issus des ex-FDD, leur demandant d’agir. La demande est la bienvenue car eux aussi sont impuissants et furieux de cette situation d’intransigeance de ces deux puissants généraux.

Nous sommes en 2014, et la question du 3ème mandat bat son plein. Beaucoup d’officiers parlent à Pascal NYABENDA lui confirmant qu’ils ne sont pas prêts à aller en guerre contre les opposants au 3ème mandat et surtout n’accepteront pas que NKURUNZIZA revienne avec sa clique. Donc,  s’ils devaient fermer l’œil pour le 3ème mandat, la seule condition exigée était  que NKURUNZIZA devrait montrer des signes forts, s’imposer en proposant des changements futurs dans la gouvernance commençant par se débarrasser du duo BUNYONI-NSHIMIRIMANA. C’est quand il l’a entendu de la bouche du chef de l’Etat-major Général de l’Armée de la FDN, le général Prime NIYONGABO que Pascal NYABENDA a eu le courage de téléphoner le Président de la République pour lui parler de la question du mandat. Octobre 2014, c’est le début des rencontres entre certains généraux ex-FDD. Ils abordent la question du mandat non pas surtout par l’aspect juridique mais beaucoup plus dans la logique de se débarrasser du lourd fardeau des crimes odieux imputés à l’ensemble du pouvoir CNDD-FDD alors que les auteurs sont constitués par cette clique citée ci-haut. C’est ainsi que, le 20 Novembre 2014, en place de représentants des autres membres des corps de défense et de sécurité, 13 généraux signent une lettre adressée au duo BUNYONI-NSHIMIRIMANA et dont copie est réservée au Président de la République Pierre NKURUNZIZA. Le contenu était essentiellement centré sur les attitudes et mauvais comportements du duo depuis le maquis, les conséquences que le peuple était en train de subir et la conclusion était l’exigence à la démission de ce duo. La lettre fut lue par le général Steve actuel patron du SNR en présence de Adolphe NSHIMIRIMANA car BUNYONI avait senti l’odeur de la lettre et avait esquivé de plus belle vers NGOZI prétextant une urgence d’un dossier à faire signer par le Président qui était à NGOZI. Les signataires sont les généraux dont les noms suivent:

Godefroid BIZIMANA surnommé VEREMA ou VURUMAYI, Prime NIYONGABO dit NGABO, Gervais NDIRAKOBUCA alias NDAKUGARIKA, HABARUREMA Ildefonse alias KING KONG, Audace NDUWUMUNSI alias GORIATH, Maurice MBONIMPA, Isidore NDIHOKUBWAYO alias NANKUBADE, NDAYISHIMIYE Evariste alias NEVA, MIBURO Emmanuel alias KOMATER, Thacien NIVYINYERETSE, Gabriel NIZIGAMA alias TIBIA, Etienne NTAKARUTIMANA alias STEVE et moi-même, Guillaume NABINDIKA.

La lettre donne la sueur au dos au Président de la République qui finira par obtempérer le 28 novembre 2014 avant son départ vers le Sénégal dans un sommet de la Francophonie. Avant de partir pour ce Sommet, il a réuni en date du 27 novembre 2014, le duo BUNYONI-NSHIMIRIMANA et se sont convenus deux choses que le Président de la République devra mettre en exécution:

  1. Destituer en même temps les chefs de Cabinet aux affaires militaires et la police: NDAYISHIMIYE Evariste et moi-même NABINDIKA Guillaume.
  2. Ne pas se désolidariser du duo, car, disait-il, beaucoup de manquements dont ils faisaient objet relevaient de la connivence avec le Président de la République lui-même.

Un soupir de soulagement chez certains, craintes chez d’autres et scepticisme pour le reste. Deux semaines après, le groupe de 13 généraux se disloque; d’abord NDAKUGARIKA quitte le premier pour rejoindre le duo qui lui disait qu’il s’était allié avec ceux qui avaient les mains propres et qu’ils finiraient par le vomir. D’autres généraux par le truchement de l’argent, des postes juteux, le régionalisme etc… changeront de camp un à un, timidement mais sûrement et soutiendront le 3è mandat aux côtés du duo BUNYONI-NSHIMIRIMANA. Pendant que le reste des généraux signataires prend le chemin de la résignation complice, la direction du Parti prendra aussi le même chemin”.

Le SNR et le 3ème mandat. De l’autre côté de la vitrine, le général-major Godefroid NIYOMBARE, nouvel Administrateur  du  SNR fraîchement nommé était lui aussi contre ce mandat, il est possible qu’à travers sa nomination NKURUNZIZA pensait qu’il allait changer de position grâce à la fameuse «caisse noire» qui a toujours suscité les appétits de plusieurs hauts gradés. Ici il nous relate lui-même les faits :

Le Général Major Godefroid Niyombare. Il a eu le courage de conseiller à Nkurunziza de renoncer à ses velléités de 3ème mandat à cause des graves dangers sur la nation. Devant son entêtement, cet office a organisé un coup d’état qui n’a duré que quelques heures. Photo prise lors de sa tentative de s’emparer du pouvoir par les armes.

Le Général Major Godefroid Niyombare. Il a eu le courage de conseiller à Nkurunziza de renoncer à ses velléités de 3ème mandat à cause des graves dangers sur la nation. Devant son entêtement, cet office a organisé un coup d’état qui n’a duré que quelques heures. Photo prise lors de sa tentative de s’emparer du pouvoir par les armes.

“Quand j’étais Chef d’Etat-major de la Force de Défense Nationale (FDN), un des dossiers qui m’opposaient au Président de la République était la gestion de la jeunesse IMBONERAKURE. Je n’avais jamais permis qu’ils flirtent avec les militaires. Après le limogeage du Lieutenant-général Adolphe NSHIMIRIMANA au poste du SNR par le Président Pierre NKURUNZIZA, je suis appelé à le remplacer en Novembre 2014. Je suis encore aux prises avec la détérioration de la situation liée aux enjeux politico-sécuritaires. Toutes mes notes au Président de la République sont malheureusement transférées et analysées par les Cellules incompétentes et rivales et ne tiennent pas compte des recommandations émises. Ce fut le sort de la note bien documentée sur les conséquences néfastes d’un 3ème mandat. Cette note se concluait par un conseil au numéro UN du pays, de ne pas faire le forcing vers le 3ème mandat illégal, illégitime et porteur en son sein d’une calamité au pays et dans la sous-région. C’est cette note de service qui lui arrive le 17 Mars 2015 et qui l’énerve jusqu’à signer le décret me limogeant 48heures après! Je dois comprendre pourquoi le Président de la République n’avait jamais porté dans son cœur la réforme des corps de défense et de sécurité dont les grandes lignes étaient prévues par le grand chantier de la revue de la défense devant aboutir au Livre Blanc. En effet, cette revue prévoyait des limites d’intervention à chaque échelon de responsabilité, du simple soldat au commandant suprême; de l’armée d’Etat vers une véritable armée républicaine qui n’obéit pas aveuglement à n’importe quel ordre notamment violant les droits de la personne humaine.”

Des tentatives de conciliation entre les pro et les anti 3ème mandat pour éviter le pire. Léonidas HATUNGIMANA s’exprime:

“En date du 20 Mars 2015, depuis 10h du matin à 14h, dans le bureau du député de l’EALA (East Africa Legislative Assembly) l’Honorable Jérémie NGENDAKUMANA, ex patron du CNDD-FDD, se tient une réunion pour tenter de concilier les positions pro et anti  3ème mandat. D’un côté, il y a les antis 3èmes mandat: Hon. Jérémie NGENDAKUMANA, Ambassadeur Augustin NSANZE, Léonidas HATUNGIMANA et Sylvestre NDAYIZEYE. De l’autre côté: Victor BURIKUKIYE et les généraux Adolphe NSHIMIRIMANA, Etienne NTAKARUTIMANA, Prime NIYONGABO, Evariste NDAYISHIMIYE, Gervais NDIRAKOBUCA. Les discussions sont trop houleuses avec même des menaces de la part des généraux. La réunion se clôture sur un statu quo, mais nous parvenons quand même, en sortant,  à dissimiler l’atmosphère tendue devant nos  chauffeurs et agents d’escorte qui étaient restés dehors en montrant plutôt une attitude de camaraderie…” 

Prochaine publication: Des tumultes au sein du CNDD-FDD: des cadres brisent le silence

La Rédaction de Girijambo.info

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