africanianews@gmail.com Tuesday - Oct 17, 2017

Des révélations époustouflantes sur la question du 3ème mandat de Nkurunziza : Exclusivité de Girijambo info


A la demande de plusieurs de nos lecteurs ainsi que des militants et sympathisants du PPD Girijambo, la rédaction de Girijambo.info a approché certains des acteurs clés dans le mouvement contre le troisième mandat illégal de NKURUNZIZA communément appelés” frondeurs” du CNDD-FDD et quelques autres personnalités proches du pouvoir de l’époque, pour en savoir plus sur ce qui s’est réellement passé dans ce parti de 2010 à 2015, au-delà des rumeurs,  mensonges  et spéculations de tous ordres.

Loin de là l’idée de vouloir démentir les propos ou les écrits de l’un ou l’autre adversaire du PPD Girijambo encore moins faire l’éloge des personnalités interviewées. Nous sommes plutôt guidés par un seul et unique objectif: établir la lumière autant que faire se peut sur tous les dessous de la problématique de ce mandat de sang et de malheurs, les rôles et les responsabilités des uns et des autres,… 

Dans le souci  d’être le plus fidèle possible aux propos des personnalités interrogés, nous nous sommes gardés de tout commentaire ou rectification, préférant reproduire  intégralement les différentes réponses aux questions posées.

PARTIE 1: Le mandat présidentiel: une mission divine selon Nkurunziza.
Analyse de Léonidas Hatungimana.

Depuis son ascension à la magistrature suprême en 2005, Nkurunziza n’a jamais cessé de dire aux Bagumyabanga et aux Cadres de l’Etat qu’il savait depuis le maquis qu’il allait devenir le Président de la République. En effet, expliquait-il, un messager de Dieu était venu le voir là où il poursuivait des traitements médicaux pour lui signifier cette révélation et de conclure que son  élection n’avait fait que confirmer la volonté divine. 

Tout remonte donc de la période du maquis quand il commença à le raconter à ses proches combattants. Cela lui sera facile surtout depuis fin 2001 quand il fut désigné chef du mouvement rebelle CNDD-FDD. Pour réussir cette propagande, il  a récupéré le groupe de prière de l’actuel Général de Brigade Emmanuel MIBURO alias Komater et  a profité de cette opportunité pour développer cet enseignement. Pour votre information, c’est ce groupe de prière qui donnera plus tard la naissance aux cellules de prière du Système CNDD-FDD. Dans sa propagande, Nkurunziza prenait cette promesse faite à lui et la transférait unilatéralement au mouvement en montrant que Dieu venait de sceller une alliance («isezerano») avec le CNDD-FDD. Ainsi, chaque fois qu’il parle de «isezerano», les gens doivent comprendre qu’il s’agit de cette promesse de devenir Président de la République, surtout que ce messager n’aurait pas donné de date limite à ce mandat présidentiel. Il s’engagea alors à créer tout un environnement propice à cette donne en ordonnant que “Dieu soit à la 1ère place au sein du CNDD-FDD” (ou “Que Dieu occupe le 1er rang au sein du CNDD-FDD) et que «chaque réunion devrait  commencer par une prière».

Au cours du “Congrès” tenu en 2001, il  a été décidé plutôt et surtout que “le CNDD-FDD ne délaissera jamais les veuves, les orphelins, les handicapés et les  démobilisés de ce mouvement, qu’il neige ou qu’il pleuve”. Cette notion de « isezerano » telle que  révélée  par Nkurunziza, en sa personne et pour lui-même, est très importante et ce dernier a su y travailler efficacement. Par exemple, en date du 17 Janvier 2015, au palais présidentiel de Kiriri, s’est tenue une réunion dirigée par lui-même, à l’intention des acteurs civils anciens du maquis. Pendant cette réunion, quelques personnalités fidèles à lui se sont succédées pour concrétiser son ambition. Ce sont les interventions successives de Monsieur de Gélase NDABIRABE précisant que : “Excellence, c’est impérativement vous que le Congrès CNDD-FDD présentera aux présidentielles”, et de Monsieur Alexis BAREKEBAVUGE ajoutant que : “On ne change pas l’équipe qui gagne”, de Lazare Mvuyekure d’enchérir que : “Ce ne sert à rien de nous tracasser, évaluons concrétisons plutôt le contenu de notre “isezerano”. Parmi les autres participants dans cette réunion, citons : Monsieur Félicien Nduwuburundi, Monsieur Salvator Ntahomenyereye (alias Rukuca), Monsieur Zénon Ndaruvukanye, Monsieur Laurent Nicimbeshe, Monsieur Sylvestre Ndayizeye et moi-même Monsieur Léonidas Hatungimana (alias Tout-autre). 

En 2003, devenu Ministre d’Etat, Nkurunziza met en place la chorale “Komezagusenga”. Les membres de la dite chorale devraient être des anciens combattants démobilisés. Un proche de ses proches lui demanda s’il était sûr que ces membres sélectionnés étaient des convertis («born again») qui allaient supporter les mauvaises conditions liées à l’état du démobilisé s’il advenait que Nkurunziza ne soit pas au pouvoir.  La réponse fut surprenante et la vérité lui échappa. En effet, il dit : “ce n’est pas une affaire de salut mais une organisation dédiée à des fins de propagande”. Effectivement, on remarquera par après que le comportement des membres de cette chorale aurait été caractérisé par les allures scandaleuses. Certains d’entre eux seraient vont exceller dans le jeu d’influence chez des dirigeants, d’autres se seraient illustrés en véritables commissionnaires. Ils auraient suivi l’exemple de leur chef spirituel Alexis Barekebavuge, qui serait qualifié aujourd’hui d’être l’homme d’ombre, le plus grand commissionnaire de la République. 

Que ce soit pendant les croisades,  pendant les prières vespérales de chaque dimanche au palais ou pendant les déjeuners des prières, Nkurunziza ne se trompe pas sur les «pasteurs» à inviter pour prêcher. Il choisit ceux qui viennent le couvrir d’éloge. Par exemple, beaucoup de ses invités pasteurs proclamaient toujours que le Burundi était béni pour avoir eu un Président qui prie et qui danse même publiquement pour Dieu ; que personne ne le bougera de son fauteuil présidentiel (croisade du 26 Aout 2011 à Kayogoro-Makamba » et que suite à sa présidence, le franc burundais équivaudra au dollar américain en 2017, etc. Dans la croisade de Ngozi du 30 Décembre 2014, se servant de l’histoire de l’anarchie qui sévit en Israël à cause du fait que Josué n’avait pas préparé son successeur, le pasteur qui prêchait devrait expliquer malignement que, pour éviter cette triste situation au Burundi, Nkurunziza devrait rester Président.

Les pasteurs ou les personnes qui disent avoir reçu les révélations divines contraires à la volonté du Nkurunziza n’ étaient pas appréciées et si par malheur ces personnes étaient d’origine étrangère, elles étaient interdits de séjour au pays, ou recevaient d’autres punitions. Quelques exemples:

En 2002, après que Nkurunziza ait pris les rênes du mouvement rebelle CNDD-FDD, un pasteur en provenance de la Tanzanie proclame avoir reçu un message divin soulignant qu’au moins  une personnalité entre Nkurunziza, Radjabu et Adolphe devrait aller s’agenouiller, confesser tous les péchés commis par le du mouvement CNDD FDD au maquis avant la signature des accords de cessez-le-feu.  Nkurunziza refusa l’offre et personne n’y répondit et le pasteur rentra avec sa révélation.

Fin 2014, un groupe de pasteurs congolais vint avec un message divin destiné au numéro UN burundais. Le dit message fut déchiffré de loin par ses intermédiaires. Il ne présageait rien de bon pour Nkurunziza car il ordonnait à ce dernier de se plier d’abord à la volonté divine s’il voulait être encore Président de la République, se confesser pour ses péchés et ceux de sa clique. Il refusa de les recevoir et les renvoya à une cellule de prière. Les membres de la dite cellule ont eu peur par après de rapporter à Nkurunziza, l’analyse qu’ils avaient faite de ce message. Pour votre information, certains membres de cette cellule sont:

Lazare Mvuyekure, Alexis Barekebavuge (alias Kaka), Emmanuel Miburo (alias Komater), Joseph Ndengabanka (alias Walioba), etc.  Cette cellule n’est plus complète car au moins un de ses membres en a été récemment  exclu pour avoir partagé une parole de Dieu qui condamne les actes actuels de la clique au pouvoir.

Nkurunziza entre en transe lors d'une session dans sa secte dite "Le Rocher" où il prépare son "opium pour le peuple burundais, afin de masquer ses ambitions démoniaques dans un brouillard de religiosité

Nkurunziza entre en transe lors d’une session dans sa secte dite
“Le Rocher” où il prépare son “opium pour le peuple burundais, afin de masquer ses ambitions démoniaques dans un brouillard de religiosité

En 2015, un ami de Nkurunziza habitant Kayanza eut selon lui des visions répétitives démontrant le sang qui allait être versé si Nkurunziza se faisait réélire. Après plusieurs hésitations, l’ami de Nkurunziza en question se résout d’aller lui raconter ces visions. Une fois la vision décryptée en avance, il n’aura pas d’audience et choisit de lui adresser un écrit et en conséquence NKURUNZIZA a opté l’envoyer à la 1ère dame Nkurunziza Denise. Depuis ce jour là, leur  relations d’amitié se sont vite ternies.

Dans le même angle d’idée, en 2015, un Gouverneur de province a eu selon lui des visions et a pris la décision de les porter à la connaissance du Président NKURUNZIZA après maintes hésitations. Au terme de ce message, il résulte que Jésus Christ était furieux par le fait que Nkurunziza utilisait son nom sans être son adepte. Les relations d’amitié se sont estompées alors qu’il était un de ses confidents.

Egalement en 2015, un pasteur burundais très connu à Bujumbura qui avait pourtant accueilli des ex-combattants dans son église aurait pris la fuite pendant la période des manifestations, accusé d’être de mèche avec ces derniers. Cependant, la réalité serait qu’il aurait été approché par le pouvoir pour qu’il déclare avoir eu la révélation divine comme quoi le 3ème mandat a été accepté par Dieu. Son refus d’obtempérer lui aurait valu des menaces de mort et aurait pris fuite. Bref, sa stratégie a d’abord consisté à préparer  «spirituellement» certains de ses courtisans ainsi que quelques esprits faibles avant de passer aux choses plus sérieuses et plus concrètes».

A partir de 2011, l’intention de violer la Constitution et l’Accord d’Arusha ronge de plus en plus le Président NKURUNZIZA: il veut réaliser la mission “divine”, l’intention de briguer un troisième mandat est bel et bien là. Ci-dessous  Léonidas  Hatungimana nous explique: 

Honorable Léonidas Hatungimana, ancien Porte-Parole de Nkurunziza

Honorable Léonidas Hatungimana, ancien Porte-Parole de Nkurunziza

Au cours de la rédaction du discours présidentiel de fin d’année 2011, je reçois l’instruction du Président de la République (comme d’habitude) pour orientations. Cette fois-ci, il me demande de mettre un paragraphe qui annonce «La révision de la Constitution de la République du Burundi au cours de l’année 2012». Par curiosité et obligation de ma profession, je lui ai demandé ce qui lui tenait à cœur comme dispositions à changer et il me révèle que spécialement «l’article 129» l’agace. En effet selon lui, cet article donne plus de pouvoirs aux partis politiques ayant des places au Gouvernement qu’au Président de la République, alors qu’il est élu par le peuple. Par courtoisie, j’ ai exécuté l’ordre reçu et ce discours a été prononcé le soir du 31 Décembre 2011.

Au cours du mois de Janvier 2012, je commence à recevoir des coups de téléphone de la part de certains parlementaires de toute tendance (même du CNDD-FDD) et de certains membres de la Cour Constitutionnelle, d’hommes et de femmes politiques, des médias, etc. Une question commune :« Le  Président NKURUNZIZA voudrait-il briguer un autre mandat »?

Devant une question aussi embarrassante et sensible, je me suis mis comme à l’accoutumée, à rédiger une proposition de réponse à soumettre au Président de la République. J’ai lu l’Accord d’Arusha et la Constitution pour me faire une réponse non seulement objective mais aussi scientifique. J’avais constaté que les deux textes ne lui permettaient pas de briguer un troisième mandat.

Par souci de discrétion, j’ai transmis au Président une note manuscrite confidentielle dans laquelle je lui exposais ma position par rapport à la question de ce mandat, inspirée par le contenu des textes ci haut-cités. Habituellement, dans pareilles circonstances il devait m’appeler pour enrichir, corriger et autoriser une communication aux médias mais pour ce cas précis, il n’a pas voulu réagir dans l’immédiat.

Au cours du mois de février 2012, une réunion à l’intention des représentants communaux, provinciaux et nationaux du CNDD-FDD est organisée dans la province de Ngozi. C’est à cet endroit que je reçois la réponse à la question de sa réélection en même temps que tous les autres participants: «Je ne vais pas violer la Constitution comme l’a fait le sénégalais Abdoulaye Wade, mais si vous, membres du CNDD-FDD le voulez bien, je me ferai réélire» dira-t-il visiblement rassuré».

Un congrès pour écarter tous les obstacles avant la conquête du 3ème mandat. Deux anciens rebelles sont dans le collimateur du Président NKURUNZIZA et ses généraux: Léonidas Hatungimana et Sylvestre Ndayizeye. Léonidas HATUNGIMANA poursuit:

“En date du 31 mars 2012, un Congrès du CNDD-FDD est organisé et s’est déroulé à la permanence nationale du Parti à Bujumbura. A l’ordre du jour, figurait essentiellement la question relative à la mise en place des nouveaux dirigeants du Parti, après la révision des textes régissant le CNDD-FDD. Le modérateur du jour, après consultation avec le Président du Conseil des Sages, déclare que : «Ceux qui veulent se porter candidat à la Présidence du Parti, à la 1ère et/ou la 2ème vice-présidence sont appelés à s’inscrire sur un papier pour poser leurs candidatures”. Très audacieusement je me suis levé en premier et j’ai vu aussi d’autres personnes se lever, précisément Messieurs KARENGA Ramadhan, Zénon NDARUVUKANYE, Sylvestre NDAYIZEYE,  Claude MPAWENIMANA, Pascal NYABENDA, Victor BURIKUKIYE et  enfin Joseph NTAKARUTIMANA . En face de moi, j’ai vu le Général Alain Guillaume BUNYONI très tendu, en train d’écrire des messages sur son téléphone. Aussitôt, la mine du Président NKURUNZIZA change. Il essaie de montrer qu’il ne se passe rien mais le visage est déjà renfrogné et on se doute de quelque chose, je connaissais bien mon homme.

Peu après, le modérateur informe les congressistes que le Conseil des Sages devrait se réunir dans une autre salle pour délibérer sur les candidatures. Comment les choses se sont déroulées dans cette séance? RUFYIKIRI Gervais, Secrétaire du dit Conseil m’a révélé ceci: “Le Président du Conseil est venu, énervé et au lieu d’ouvrir le débat sur les candidatures, il a procédé à la conclusion. Il a dit: “Nous avons analysé la situation politique du moment et les différentes candidatures et nous voyons que le mieux serait d’autoriser seulement les candidatures de NYABENDA Pascal, BURIKUKIYE Victor et NTAKARUTIMANA Joseph respectivement aux postes de Président du Parti, 1er vice-président, 2ème vice-président”.

L’instruction a été directement donnée au modérateur qui a déclaré déclare les noms des individus autorisés à se présenter comme candidats. Tenez bien, une seule candidature par poste, avec un mode d’élection spécial imposé: vote par acclamation. La déception se lit sur les visages des congressistes, l’œil surveillant pointe spécialement vers Léonidas HATUNGIMANA et Sylvestre NDAYIZEYE, et le semblant d’acclamation est exécuté par certains congressistes; Combien? Est-ce qu’on peut compter? En tout cas, très peu d’applaudissements surtout pour NYABENDA Pascal et NTAKARUTIMANA Joseph.

Dans les coulisses en dehors, on apprendra qu’il ne fallait pas octroyer la direction du Parti aux opposants du 3ème mandat de Mzee. Le 25 avril 2015, lors du congrès pour approuver la candidature de NKURUNZIZA Pierre, chacun comprendra que tout était prévu à l’avance et donc que le congrès du 31 mars 2012 était organisé dans cette logique».

Girijambo vous réserve la seconde partie pour Lundi prochain le 22 Aout 2016 :
Tentative de révision de la constitution au Conseil des Ministres et à l’Assemblée nationale

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