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Burundi: Dans la crise que traverse le pays, tout le monde est coupable


Chris Kizito Ryumeko, Africania-News 06 Juillet 2015, Bujumbura. L’actuelle crise burundaise est perçue comme un processus latent avec une succession d’événements dont les auteurs sont de tout bord :

Quel rôle du régime CNDD-FDD ?

A gauche le Président du parti CNDD-FDD et à droite le Président Pierre Nkurunziza dont la candidature aux élections présidentielles de 2015 ouvre la boite de Pandore

A gauche le Président du parti CNDD-FDD et à droite le Président Pierre Nkurunziza dont la candidature aux élections présidentielles de 2015 ouvre la boite de Pandore

De sa sortie du maquis de la Kibira,  le CNDD-FDD hypnotisé par sa popularité, il a oublié ou ignoré que ses ennemis et adversaires sont  plus redoutables. Au lieu de prendre le taureau par les cornes, il l’a pris par la queue. La culture de placer des gens incompétents et malléables  aux postes purement  techniques juste pour avoir une emprise  totale sur eux, la pratique du fameux “wamaze iki?” (Qu’as-tu donné au CNDD-FDD ?) a laissé place aux plus offrant (financièrement) d’accéder à des opportunités plus intéressantes au détriment des militants démunis, avec comme conséquences, les malversations d’une part  et les mécontentements d’autre part. Par la suite, les suspicions, les règlements de compte ont fini par créer des dissensions qui ont fragilisé le régime CNDD-FDD. Ainsi, le parti fut infiltré par des taupes et a perdu du jour au jour sa saveur, ses orientations et sa valeur. La crise de la confiance devenue totale, des groupuscules se sont formées de tel point qu’au finish, il était pratiquement difficile de trouver un candidat de consensus. C’est dans ce climat que Nkurunziza fut choisi comme candidat malgré le véto du conseil des sages et malgré les menaces des opposants. Il est donc clair et net que le premier rôle dans cette crise revient ipso facto au parti CNDD-FDD qui n’a pas été capable de se gérer afin de trouver un autre candidat que Nkurunziza et au gouvernement qui n’a pas su profiter de l’élan d’un Burundi enfant chéri de la communauté internationale, un Burundi qui venait de sortir des années de conflits par des accords de paix. Il n’a pas pu  imposer une politique ferme et structurée de sa communication, de sa diplomatie et de la bonne gouvernance.

Quel role de l’opposition politique ?

Charles Nditije, président de l’une des ailes du parti de l’Unité et progrès National et à droite Agathon Rwasa, leader de la rébellion du Front de Libération nationale

Charles Nditije, président de l’une des ailes du parti de l’Unité et progrès National et à droite Agathon Rwasa, leader de la rébellion du Front de Libération nationale

Si dans d’autres cieux, les partis politiques de l’opposition jouent leur rôle de contraindre le gouvernement d’être fidèle au programme du parti qui a gagné les élections, de lui proposer des alternatives en cas de défaillance et de le soutenir s’il est dans le bon chemin, L’opposition burundaise quant  à elle, se contente de dénoncer uniquement et de torpiller toute action du gouvernement. Depuis 2005,  le seul mot qui sort de l’opposition politique est le « dialogue » pour aboutir à un gouvernement inclusif. Avec un tel comportement, on se demande à quoi bon les élections démocratiques. L’opposition burundaise a toujours profité de la faille du parti CNDD-FDD. Des bandits qui sévissaient dans le pays ? Des règlements de compte entre individus quelconques ? Des mécontentements vis-à-vis du régime ? L’opposition en profitait pour montrer que le pays va mal, qu’il faut donc entamer des négociations etc.… pour que le pays ne sombre pas.  Avec peu de chance de gagner les élections par les urnes, la candidature  de Nkurunziza est considérée comme une aubaine par l’opposition. L’option de manifester contre cette candidature, en espérant en tirer profit, est vue comme un moyen efficace d’accéder au pouvoir.

Quel rôle de la société civile et les médias ?

Au départ, la société civile et les médias jouaient impeccablement leur rôle, mais au fur et à mesure que les ambitions politiques de certains leaders de

Des leaders de la société civile burundaise en marche manifestation

Des leaders de la société civile burundaise en marche manifestation

la société civile augmentent, ces organisations ont changé leur fusil d’épaule pour devenir des caisses de résonnance des ambitions politiques. Ces leaders sont plus connus que leurs organisations qu’ils sont censés représentés car le fonctionnement de ces ONG locales n’a rien de démocratique, mais bien des marchepieds pour une belle place au soleil. Leur cheval de bataille est devenu dorénavant de renverser le régime du CNDD-FDD étant donné qu’ils ont trouvé son talon d’Achille, à savoir la communication et la diplomatie. A partir des rapports mensongers, des rumeurs de génocide en préparation, des accusations gratuites, des diabolisations tout azimut, tous les ingrédients sont utilisés pour disqualifier le régime CNDD-FDD. La candidature de Nkurunziza n’est qu’une goutte qui a débordé la vase. La société civile et les médias, ne cachaient plus leur  sympathie à toute personne hostile au parti CNDD-FDD arrivant même à plaider pour que justice soit faite aux assaillants tombés sur le champ de bataille. Cela illustre  sans équivoque que ces organisations se sont bien mobilisées pour renverser le CNDD-FDD. Signalons que derrière ces organisations se cachent les grands nostalgiques des régimes anciens qui tirent les ficelles.

Quel rôle de l’Eglise Catholique ?

L’Eglise Catholique est allé trop loin, au lieu d’être au dessus de la mêlée et de se positionner comme un potentiel futur modérateur-facilitateur ou

Les évêques burundais en audience avec le Pape François

Les évêques burundais en audience avec le Pape François

médiateur, à l’image de la communauté Sant Egidio, l’Eglise Catholique a choisi son camp, celui de contester la légitimité du mandat de Nkurunziza, joignant par-là, la position de l’opposition, de la société civile et de certains médias. L’on comprend sa frustration quant à son implication dans la période post-conflit, notamment dans la gestion de certains dossiers comme la Commission Nationale Terres et autres Biens (CNTB). Ne pas agir c’est être complique. Agir c’est prendre psotion. Ainsi, l’Eglise se voit ainsi impliquée dans l’actuelle crise burundaise. Néanmoins, certains impartial  trouve son implication.

Quel rôle de la communauté internationale ?

Il convient ici de circonscrire cette communauté car, en général, il ne s’agit que de quelques pays plus agités et préoccupés que les burundais eux-mêmes. Particulièrement  les USA, la France et la Belgique sans oublier le Rwanda sont au premier rang. Leur point commun, c’est exiger le départ  de Nkurunziza. Ils utilisent des  moyens classiques de  menaces de sanctions, menaces de procès au près de la cours internationale de La Haye, financement des défections, mobilisation et encadrement des opposants de Nkurunziza. Le cas du Rwanda reste un tout petit peu perplexe, il soufre le

Dans la crise actuelle burundaise actuelle, il y a plusieurs  organismes internationaux et régionaux au chevet du Burundi mais le résultat ne suit pas encore

Dans la crise actuelle burundaise actuelle, il y a plusieurs organismes internationaux et régionaux au chevet du Burundi mais le résultat ne suit pas encore

chaud et le froid, d’une part parce qu’il est limitrophe au Burundi ce qui peut occasionner des affrontements armés entre les deux pays si le  Rwanda s’en mêle trop, mais aussi, Kagame a peur de la contagion de tant plus que le Burundi et le Rwanda obéissent au principe de vases communiquant. D’autre part, l’appétit de Kagamé de rester au pouvoir en changeant la constitution n’est vu d’un bon œil par ces mêmes occidentaux qui en veulent à Nkurunziza. Les considérations géopolitiques et géostratégiques de ces pays dans cette partie de la région des  grands lacs, laissent penser que toutes les options sont possibles pour rendre plus conflictuel la crise burundaise.

En conclusion, tout le monde est coupable, chacun avec son degré d’implication a contribué dans la création et entretien de la crise burundaise, sans penser que finalement cette lutte au pouvoir, cette lutte géopolitique ne profite pas au bas peuple à part les pleurs, les lamentations, les angoisses, la famine, les maladies que ce peuple subit chaque jour.

One comment
  1. Jacque KAYOBERA

    July 15, 2015 at 9 h 26 min

    Eeeeeh oui…Tout le monde est coupable, peu importe ce qu’ils disent, la haine est aussi forte que la drogue. Et cette haine aveugle certains burundais.

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