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Tchad: Attaques terroristes à N’Djaména ouLe fantôme djihadiste désormais dans la maison


Le Pays-BF,Ouagadougou,  16 Juin 2015. N’Djamena sonnée, stupéfaite et sans voix ! Brûlée par le souffle maléfique et  incandescent de l’horreur, elle gémit,  profondément endolorie !  Qui a pu signer cet acte d’une si grande ignominie ?  Hier, dans la matinée, la capitale tchadienne a connu ses premières attaques terroristes.  Une série  d’attentats-suicides a, en effet,  eu pour théâtre le Secteur de la Direction de la sécurité publique et du commissariat central, ainsi que les environs immédiats de l’école de Police. Le bilan est lourd: 27 morts et une centaine de blessés.  De toute apparence, ceux qui se sont illustrés par ces actes barbares, en voulaient à mort aux hommes qui portent la tenue.  Pour quelle raison ?  C’est là que l’hypothèse de la piste Boko Haram trouve toute sa pertinence.  De fait, il est difficile de ne pas faire le lien entre ces actions kamikazes et ces “fous d’Allah” et cela, pour deux raisons. D’abord, il  y a le modus operandi : les porteurs d’explosifs ont agi à moto, une pratique bien connue chez Boko Haram.  Ensuite, il y a le fait que   le Tchad a fait subir à la nébuleuse islamiste, de  cuisants revers depuis qu’il s’est engagé à casser de l’islamiste, aux côtés du Nigeria et du Cameroun.  Le ténébreux Shekau, pour qui cet affront est certainement resté en travers de la gorge,  peut  à présent jubiler  de savoir que  son action en représailles contre N’Djamena, a fait mouche! Il peut d’autant plus savourer son petit lait que Boko Haram se métastase en Afrique centrale. En fauve blessé, comment réagira le vieux  lion Déby dans le sahel tchadien ?  Rugira-t-il  à la hauteur de la blessure ?  En tout cas, un constat pour le moins amer, est là : le fantôme est désormais dans la maison.  Et pour l’en extirper, la tâche ne sera pas de tout repos.

Le Tchad va devoir apprendre à  côtoyer la menace islamiste

Car, en frappant en plein cœur de la capitale tchadienne,  ceux qui viennent de commettre ces actes terroristes, montrent à Déby  que “sa” citadelle n’est pas imprenable. Bien au contraire, ils y sont déjà et pourraient même y multiplier leurs hauts faits d’arme. D’autres actions d’envergure ne sont pas à exclure si N’Djamena ne trouve pas la riposte appropriée.  A présent donc, le Tchad va devoir apprendre à  côtoyer, de plus près, la menace islamiste.  D’autant que ceux qui ont fait tonner la poudre, rêvent certainement de rééditer l’exploit. Surtout que c’est N’Djamena qui abritera bientôt la force multilatérale chargée de combattre la secte islamiste.  Ces attaques meurtrières prennent tous les aspects d’un comité d’accueil sanglant.  En tout cas, après ces attentats-suicides, il est clair que le Tchad  en appellera à l’union sacrée de tous ses fils et filles. Et l’on peut être quasi assuré que le message sera porteur, en raison de la noblesse de la cause.  Union sacrée!  Un impératif circonstanciel dont raffolent les  satrapes du continent.  Ils ne  manquent jamais de mettre l’occasion à profit  pour satisfaire leurs intérêts “pouvoiristes”.  Nul doute que  cette douloureuse épreuve que traverse le pays,  renforcera le dictateur tchadien.  Face aux nouveaux  défis sécuritaires qui se présentent au Tchad,   Idriss Déby Itno aura beau jeu de se faire passer pour l’homme de la situation, quand l’envie lui tentera de solliciter, pour une énième fois, les suffrages de ses concitoyens.  Sacré Déby, le destin semble lui tendre encore la main.

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