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Algérie: Hollande Chez Bouteflika: Alger vaut bien plusieurs virées élyséennes


Ouaage, Le PaysBF, 16 Juin 2015. “Les relations entre la France et l’Algérie peuvent être bonnes ou mauvaises. En aucun cas, elles ne peuvent être banales”. Ce constat fait par Abdelaziz Bouteflika, l’actuel chef de l’Etat algérien, remonte à 1974 et tient encore la route en 2015. A l’époque,  Bouteflika était un jeune ministre des Affaires étrangères d’une Algérie qui se voulait le fer de lance du tiers-mondialisme.  Aujourd’hui, devenu président et ce, depuis 1999, Bouteflika est à son quatrième mandat.

C’est dans ce contexte qu’il a invité le président français, François Hollande, pour une visite “éclair” à Alger, le lundi 15 juin 2015. Une visite éclair que la diplomatie a considérée comme étant fondamentalement politique. En prélude à cette visite, les proches de Hollande sont très lyriques dans l’appréciation de la relation franco-algérienne: “Exceptionnelle”, “elle n’a jamais été aussi sereine et confiante”.

Au fait, qu’est-ce qui fait courir tant François Hollande depuis son arrivée à l’Elysée en 2012 ? Depuis cette année-là, le ballet diplomatique entre Paris et Alger est intense : deux visites d’Etat ; quatre visites ministérielles. Avant de répondre à cette question, il semble utile de rappeler certaines réalités. Chaque président français a toujours eu sa méthode, ses initiatives, ses choix sur les relations avec l’Algérie. Le général de Gaulle, au lendemain de l’indépendance algérienne, avait donné le ton avec son envie de faire de la relation franco-algérienne, “le symbole d’une nouvelle forme de coopération post-coloniale exemplaire”.

Depuis l’indépendance, les relations entre la France et l’Algérie poursuivent une histoire compliquée. Elles sont faites d’attraction et de répulsion, de crise et de progrès, de passion et d’agacement. Entre la France et l’Algérie, c’est une histoire de couple marquée par trop de traumatismes, de nombreuses blessures, de cadavres  et de rixes, mais aussi de profondes interpénétrations de populations et cela, parce que les deux pays n’ont pas pu régler au mieux leur contentieux colonial. Aujourd’hui, l’Algérie apparaît comme la mauvaise conscience de la France, si fait que cette dernière ferme les yeux sur certains sujets qui fâchent ; notamment les problèmes de démocratie qui marquent encore certains pans de leur histoire commune tumultueuse. Ceci explique-t-il cela ? Il faut simplement retenir que, malgré tout, les liens entre les “frères ennemis” se maintiennent vaille que vaille. Ces deux pays ont-ils le choix, quand on connaît leurs liens séculaires, leurs relations basées sur des fondements historiques très forts.

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